Quatre histoires inspirantes de femmes réfugiées qui construisent l’espoir dans leurs communautés

08 mars 2026

Quatre femmes réfugiées ont trouvé des moyens inspirants de reconstruire leur vie et de soutenir leurs communautés. Patricia, déplacée interne au Cameroun, travaille comme couturière à Yaoundé, où sa petite entreprise lui permet de subvenir aux besoins de sa famille et de contribuer à sa communauté (Service Jésuite des Réfugiés).
Patricia, déplacée interne au Cameroun, travaille comme couturière à Yaoundé, où sa petite entreprise lui permet de subvenir aux besoins de sa famille et de contribuer à sa communauté (Service Jésuite des Réfugiés).

Les femmes et les filles qui fuient la guerre et la violence ne sont pas seulement des survivantes du déplacement ou des réfugiées : ce sont des personnes uniques, avec une histoire, un avenir et un immense potentiel.

Aujourd’hui, nous mettons en lumière quatre histoires de femmes qui ont participé à des projets du JRS à travers le monde.

Malgré d’immenses défis, elles ont trouvé des manières inspirantes et courageuses de reconstruire leur vie et de soutenir leurs communautés.

Nawal : redonner espoir aux jeunes réfugiés

Forcée de fuir son foyer au Soudan, Nawal est arrivée dans le camp de réfugiés de Kakuma alors qu’elle était encore très jeune. Là, elle a constaté que l’injustice se manifestait sous la forme d’un manque d’accès aux opportunités.

De nombreux jeunes du camp abandonnaient l’école, se tournaient vers la criminalité ou renonçaient simplement parce qu’ils ne savaient pas comment accéder aux bourses, aux emplois ou aux programmes de formation.

Déterminée à changer cette réalité, elle a créé un mouvement de mentorat local pour soutenir et inspirer d’autres jeunes à ne pas perdre espoir et à construire la vie qu’ils souhaitent.

« Nous avons commencé dans notre propre école, maintenant, nous touchons toute la communauté. »

Chaque semaine, Nawal consacre une partie de son temps à encadrer des élèves. Elle leur apprend comment postuler aux opportunités, comment croire en eux-mêmes et comment surmonter les défis de la vie dans le camp.

Son impact ne se mesure pas en certificats, mais dans les voix des jeunes qui croient désormais qu’ils peuvent réussir.

Nawal, lors d’une séance de mentorat dans l’une des écoles du camp de réfugiés de Kakuma (Service jésuite des réfugiés).

Viktoriia : transformer la douleur en engagement

Jusqu’au 24 février 2022, Viktoriia vivait avec ses parents dans leur appartement à Kherson. Elle était en quatrième année de licence de droit lorsque l’escalade du conflit en Ukraine l’a forcée à quitter son pays. « En 30 minutes, j’ai dû condenser toute ma vie dans quelques valises. »

Son père est resté en Ukraine, tandis que le reste de sa famille s’est dirigé vers la frontière.

Ils ont passé cinq jours dans la file de voitures à la frontière polonaise, sans nourriture, sans eau et sans repos. Après avoir passé quelques jours en Pologne, ils ont poursuivi leur route vers la Lituanie.

Elle a réalisé qu’elle voulait consacrer sa vie à soutenir les personnes déplacées de force. Elle a repris ses études en droit, se concentrant particulièrement sur le droit international humanitaire, le droit des réfugiés et la protection des droits de l’homme, et a commencé à travailler avec des ONG défendant les droits des réfugiés. “Pour moi, l’espoir, c’est aussi le pouvoir de transformer ma douleur en but, et ma peur en service pour les autres.”

Viktoriia, partageant son témoignage lors de l’événement «Migrants & Refugees in Our Common Home », co-organisé par JRS (Mother Cabrini Institute)

Nora : guérir en aidant les autres à guérir

Nora, a grandi à Qusayr, une ville de Homs, en Syrie. Elle n’avait que dix ans lorsque son père a été emprisonné. Sans soutien financier, sa mère a travaillé sans relâche pour subvenir aux besoins de la famille.

En 2011, la guerre a éclaté, et son mari a également été arrêté puis tué. Elle est restée seule avec trois enfants. “Ce fut le jour le plus difficile de ma vie.”

Elle a rencontré le JRS au centre Beit Alberto à Jaramana, Damas. Ce qui a commencé par du bénévolat l’a rapidement amenée à rejoindre l’équipe de sensibilisation. Cette étape a marqué un tournant dans sa vie.

Grâce à la stabilité et au soutien offerts par son travail, elle a pu trouver un logement et inscrire ses enfants à l’école, leur garantissant l’éducation qu’ils méritaient. Mais au-delà du soutien à sa famille, Nora a aussi trouvé trouvé du réconfort et un objectif en aidant les autres.

Nora et sa famille. Elle a enfin retrouvé son père après sa libération, à la suite de 35 années d’emprisonnement injuste (Service Jésuite des Réfugiés).

Hamida, Manasik, Amna, Needa et Sarah : construire des communautés d’appartenance

Cinq femmes, de différents pays et ayant des histoires et des parcours culturels variés, ont trouvé refuge en Jordanie et ont participé aux programmes du JRS.

Aujourd’hui, elles contribuent à la création de communautés plus accueillantes et inclusives en participant et en organisant des initiatives qui promeuvent un environnement multiculturel où chaque personne se sent accueillie, respectée et valorisée.

« J’ai compris que défendre ou promouvoir les droits des réfugiés, ou des êtres humains, ne se limite pas aux organisations. En tant qu’individu, je peux créer du changement », explique Needa, membre du Comité des réfugiés du JRS Jordanie.

Dans le collage, dans l’ordre : en haut à gauche Needa, en haut à droite Sarah, en bas à gauche Hamida, en bas à droite Amna, et au centre Manasik (Service jésuite des réfugiés).

Les histoires de Nawal, Viktoriia, Nora, Hamida, Manasik, Amna, Needa et Sarah montrent que lorsque les femmes réfugiées sont soutenues, elles transforment non seulement leur propre vie, mais aussi celle de leur communauté.