Comment le JRS met en œuvre la localisation humanitaire à travers l’accompagnement
25 mars 2026
Qu’est‑ce que la localisation dans l’aide humanitaire ?
Dans le secteur humanitaire, la localisation fait référence au transfert de pouvoir et de ressources vers des acteurs locaux dans les pays touchés, afin qu’ils puissent diriger et façonner les réponses humanitaires. Elle vise à renforcer les capacités, le leadership et le financement locaux pour répondre aux crises et soutenir une durabilité à long terme.
L’agenda de la localisation est souvent présenté comme un programme de réforme au sein du système humanitaire. Pour nous, au Service Jésuite des Réfugiés (JRS), ce n’est ni un projet de réforme ni un transfert transactionnel de responsabilité. C’est une manière de travailler de longue date, fondée sur l’accompagnement, la présence locale et la responsabilité partagée, marchant et travaillant avec les communautés plutôt que pour elles, et façonnant les réponses ensemble par la collaboration et la co-création.

L’approche du JRS en matière de localisation
Au cœur de l’approche du JRS se trouve l’accompagnement : être avec les personnes, plutôt que de faire pour eux. Cela reconnaît les réfugiés et les personnes déplacées de force comme des titulaires de droits, dotés de connaissances, de capacités et de leadership propres à eux.

Depuis ses débuts, JRS a mis l’accent sur le restauration de la dignité et de l’espoir. Bill Yeomans SJ, JRS Asie-Pacifique, a souligné que l’aide doit être offerte de manière à restaurer l’estime de soi et à raviver l’espoir. Aujourd’hui, cela se poursuit par la présence, l’écoute et la participation. Comme l’a également noté l’ancien directeur international Mark Raper SJ : inclure les réfugiés dans la planification, la prise de décision et la communication transparente sont essentiels à ce mode de travail.
La localisation, en ce sens, est relationnelle plutôt que transactionnelle, fondée sur l’écoute, la confiance et l’humanité partagée.

Cultiver l’initiative et le leadership local
Un élément central de la localisation au JRS est l’agence. Les communautés déplacées et d’accueil ne sont pas des bénéficiaires passifs d’une aide ; Ils sont acteurs dans la formation des réponses, la reconstruction de vies et le renforcement de la cohésion sociale.
Cela inclut le soutien aux organisations dirigées par les réfugiés, les femmes et les communautés, ainsi que la création d’espaces pour une participation significative tout au long du cycle du projet. Cela implique également de reconnaître les rôles complémentaires des acteurs locaux, nationaux et internationaux, et de partager le leadership plutôt que de le concentrer.

Les acteurs confessionnels et communautaires ont souvent des racines profondes dans les lieux touchés par le déplacement et figurent parmi les premiers à répondre en cas de crise. Dans la plupart des contextes, les communautés religieuses locales sont les premières vers lesquelles les personnes se tournent pour la protection, l’assistance et l’accompagnement psychosocial. Leur proximité, la confiance qu’elles inspirent et leur compréhension du contexte sont des atouts majeurs dans des environnements complexes et peu sûrs.
Parallèlement, le JRS reconnaît le rôle essentiel des gouvernements dans la protection et la fourniture de services, notamment dans la santé et l’éducation. La localisation humanitaire nécessite une collaboration étroite avec les autorités nationales et locales pour renforcer les systèmes et respecter les obligations en matière de droits humains. Elle requiert également un engagement international durable. Les acteurs internationaux restent essentiels pour l’apprentissage multinational, le plaidoyer et l’échange de connaissances bidirectionnels. La localisation ne signifie pas un retrait, mais un partenariat responsable.
Les défis de la localisation dans le contexte humanitaire actuel
Si la localisation humanitaire est mise en œuvre trop rapidement ou avec des ressources insuffisantes, elle peut transférer la responsabilité des réponses aux acteurs locaux sans leur fournir le soutien nécessaire. Ce risque est d’autant plus important dans le contexte actuel de financement limité.
Transférer la responsabilité aux acteurs nationaux et locaux sans un soutien adéquat peut compromettre l’accès aux services essentiels.
Dans des contextes où les acteurs internationaux ont historiquement géré des systèmes parallèles, les transitions nécessitent une planification minutieuse et un investissement soutenu. La localisation, pour JRS, implique donc des transitions délibérées et rythmées qui renforcent les systèmes plutôt que de les submerger. La solidarité internationale reste essentielle, incluant un financement prévisible, un apprentissage partagé et un plaidoyer qui relie les réalités locales aux espaces de prise de décision.
Exemples de localisation dans le travail du JRS
À travers les programmes et secteurs, la localisation façonne le fonctionnement du JRS plutôt que d’ajouter une couche d’activité distincte.
Les opérations du JRS sont ancrées dans les contextes locaux. Elles sont largement dirigées par du personnel local, y compris des personnes ayant une expérience vécue du déplacement, et menées en étroite collaboration avec des organisations locales, des acteurs ecclésiaux et des réseaux jésuites. Soutenu par un cadre global, le JRS centre son action sur l’accompagnement et sur les capacités, l’initiative et la sagesse des communautés déplacées de force pour qu’elles puissent participer de manière significative aux décisions qui affectent leur vie.
Grâce à l’accompagnement, le JRS reste engagé envers une localisation relationnelle, juste et transformatrice.