Liban : une mère soudanaise protégeant ses enfants au milieu des bombardements

13 mars 2026

Rudayna dans l’église jésuite Saint‑Joseph à Beyrouth (Service jésuite des réfugiés)

Rudayna fait partie des nombreuses personnes qui ont trouvé refuge à l’église jésuite Saint-Joseph à Beyrouth, où le JRS accueille et accompagne des familles migrantes en quête d’un lieu où trouver refuge.

Ci‑dessous, son témoignage:

« Quand le premier bombardement a commencé, nous avons dû fuir. De 2 h 45 à 5 h du matin, nous cherchions un endroit où aller. Une femme soudanaise qui travaille ici, à l’église, m’a dit que toute la banlieue sud de Beyrouth était menacée et que je devais partir immédiatement avec mes enfants. Je lui ai dit : « Je n’ai nulle part où aller. » Elle m’a répondu : « Viens à cette église. Ils t’abriteront. »

À ma fille a été diagnostiqué un trouble du spectre de l’autisme. Au début, elle présentait de l’hyperactivité et des difficultés de langage. On me disait que c’était normal. Mais lorsque nous avons commencé à nous renseigner sur sa situation, nous avons compris qu’elle avait besoin d’un soutien adapté. À ce moment‑là, elle a pu commencer une thérapie, et son état s’est amélioré : elle a commencé à parler. Mais lorsque la guerre a éclaté, elle a régressé et a de nouveau arrêté de parler. Aujourd’hui, elle est très sensible : même une porte qui se ferme peut la terrifier et la faire crier.

J’ai essayé de l’inscrire dans une école spécialisée, mais je n’en ai pas les moyens. Elle a sept ans, sa sœur en a cinq et la plus jeune en a deux. Et je suis aujourd’hui enceinte de neuf mois.

Ce qui m’inquiète le plus, c’est comment je vais accoucher, car je n’ai pas accès à un hôpital.

Mes enfants ne peuvent pas poursuivre leur scolarité, et même celles et ceux qui étudient trouvent rarement du travail.

Nous avons beaucoup souffert, mais j’espère que mes enfants auront une vie meilleure. Ce que je souhaite le plus, c’est que Dieu guérisse ma fille et qu’elle trouve un lieu et un environnement qui puissent vraiment prendre soin des enfants comme elle. »

La réponse du JRS

Dans des circonstances comme celles-ci, garder l’espérance peut être difficile. De simples gestes de solidarité permettent de la maintenir vivante. Nos équipes au Liban continuent de se tenir aux côtés de celles et ceux qui ont été forcés de fuir, afin que personne ne traverse cette crise seul.