Face à la montée des tensions en Afrique du Sud, le JRS accompagne les réfugiés et les migrants
25 juillet 2026
À mesure que la peur et l’incertitude frappent les communautés les plus vulnérables, le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) Afrique du Sud continue d’accompagner les personnes réfugiées et migrantes grâce à une assistance humanitaire, à des actions de plaidoyer et à un engagement ferme en faveur de la protection de la dignité de chaque personne.
La peur est devenue une réalité quotidienne pour de nombreuses personnes réfugiées et migrantes vivant dans différentes régions d’Afrique du Sud. Certaines hésitent à quitter leur domicile pour se rendre au travail, d’autres renoncent à participer aux cours d’anglais ou aux programmes de moyens de subsistance, tandis que beaucoup vivent dans l’incertitude quant à ce que leur réserve l’avenir. Pourtant, au cœur de cette situation, des élans de solidarité continuent de voir le jour : des communautés de foi, des organisations humanitaires et des partenaires locaux accompagnent les personnes les plus touchées en leur apportant un soutien concret et de l’espérance.
Au cours des dernières semaines, la recrudescence des tensions à l’encontre des populations migrantes dans différentes régions du pays a créé un climat de peur et d’anxiété, en particulier parmi les communautés vulnérables vivant dans les zones urbaines. Les informations faisant état de personnes contraintes de quitter leur domicile et leur commerce, de descentes informelles visant des ressortissants étrangers et de l’incertitude croissante entourant les documents de séjour ont conduit de nombreuses personnes à craindre de se déplacer librement, d’accéder aux services ou de continuer à gagner leur vie.
L’ampleur des conséquences a été considérable. Selon des estimations récentes, plus de 300 000 ressortissants étrangers ont été affectés par les tensions en cours, avec des milliers de personnes déplacées, plus de 900 arrestations recensées et plusieurs décès.
Bien que la situation se soit progressivement apaisée grâce au renforcement de l’intervention des autorités, ses effets continuent de se faire sentir parmi des milliers de personnes réfugiées, demandeuses d’asile et migrantes dont la vie a été profondément bouleversée par l’incertitude et la peur.
Pour beaucoup, la perte la plus importante ne réside pas seulement dans les opportunités économiques perdues, mais aussi dans la confiance nécessaire pour poursuivre leur vie quotidienne.
« Les gens ont peur d’aller travailler. Beaucoup craignent d’être vus à l’extérieur de leur domicile », explique Matseliso Ntsoelikane, directrice nationale du Service Jésuite des Réfugiés (JRS) Afrique du Sud. « Certaines personnes restent chez elles, tandis que celles qui sortent demeurent en état d’alerte permanent et s’avertissent mutuellement lorsqu’elles entendent parler de menaces potentielles. Cette peur a également eu un impact sur la participation à nos programmes de moyens de subsistance et d’apprentissage de l’anglais, car beaucoup ne se sentent plus suffisamment en sécurité pour y assister. »
Présent en Afrique du Sud depuis plus de 25 ans, le JRS est convaincu que ces événements récents rappellent l’importance fondamentale de l’accompagnement : rester aux côtés des personnes dans les moments d’incertitude, écouter leurs expériences et répondre à leurs besoins les plus urgents, tout en préservant en permanence leur dignité.
Accompagner les personnes dans les moments d’incertitude
Depuis la recrudescence des tensions, le JRS Afrique du Sud travaille aux côtés d’autres organisations humanitaires et d’inspiration religieuse afin d’apporter une aide concrète aux personnes réfugiées et migrantes déplacées.
À ce jour, le JRS Afrique du Sud a apporté son soutien à 1 167 personnes touchées par la crise, dont 75 personnes directement affectées par les récents épisodes de violence.
L’organisation a contribué à la distribution de denrées alimentaires et d’articles d’hygiène, a aidé des personnes vulnérables à se rendre dans leurs ambassades respectives pour leurs démarches, et a collaboré avec des organisations répondant aux besoins humanitaires des personnes à la recherche d’une protection temporaire. Par ailleurs, le JRS a participé activement à un consortium d’organisations œuvrant auprès des personnes réfugiées et migrantes, en contribuant à la coordination de la réponse humanitaire et en soutenant des déclarations publiques communes en faveur de la protection des communautés vulnérables.
« Nous voulons continuer à soutenir les personnes dans leurs besoins essentiels : l’alimentation, les articles d’hygiène et, lorsque cela est possible, le transport », affirme Ntsoelikane. « Ce sont des moyens concrets d’accompagner les personnes durant une période extrêmement difficile, tout en veillant à ce qu’elles soient traitées avec dignité. »

Protéger la dignité humaine dans le respect de l’État de droit
Le JRS Afrique du Sud reconnaît la responsabilité des gouvernements de gérer les migrations dans le cadre des dispositifs juridiques établis, tout en rappelant que toute personne, quelle que soit sa situation migratoire, mérite d’être traitée avec humanité et respect.
« Aucun citoyen n’a le droit d’expulser de force des personnes de l’endroit où elles vivent ou travaillent », explique Ntsoelikane. « Ces situations doivent toujours suivre les procédures légales et être prises en charge par les autorités compétentes. »
Elle souligne également l’importance de renforcer les procédures administratives afin de garantir que les personnes ayant droit à des documents légaux puissent les obtenir dans des délais appropriés.
« Dans le même temps, les personnes qui souhaitent venir en Afrique du Sud doivent également le faire par les voies légales appropriées. Notre message est un message d’équilibre : le respect de la loi et le respect de la dignité de toute personne humaine. »
Cette approche équilibrée reflète l’engagement du JRS en faveur de la promotion du dialogue, de la protection des droits humains et de la recherche de solutions qui préservent à la fois la justice et la dignité humaine.
Au-delà de la vulnérabilité : reconnaître la résilience
Bien que les événements récents aient mis en lumière les vulnérabilités auxquelles de nombreuses personnes réfugiées et migrantes sont confrontées, ils ont également révélé une remarquable capacité de résilience.
Même au cœur de l’incertitude, de nombreux commerces appartenant à des personnes réfugiées ont rouvert après des fermetures temporaires. Les communautés continuent de se soutenir mutuellement en partageant des informations, en encourageant leurs voisins à rester en sécurité et en aidant les familles à accéder à l’aide dont elles ont besoin. De même, les églises, les organisations humanitaires et les personnes bénévoles ont joué un rôle essentiel en offrant des espaces d’accueil et un soutien concret.
Ces témoignages de résilience montrent que les personnes réfugiées et migrantes ne sont pas uniquement des bénéficiaires de l’aide. Chaque jour, elles participent aux économies locales, créent des entreprises, poursuivent leurs études, prennent soin de leurs familles et contribuent au tissu social de la société sud-africaine. Leur résilience nous rappelle que derrière chaque statistique se trouve une personne en quête de sécurité, d’opportunités et de la possibilité de reconstruire une vie porteuse de sens.

Marcher ensemble dans l’espérance
Au cœur de la réponse du JRS Afrique du Sud se trouve l’engagement de rester aux côtés des personnes les plus touchées par le déplacement, la peur et l’incertitude. Si l’aide humanitaire répond aux besoins les plus immédiats, l’accompagnement va bien au-delà de la distribution de nourriture, d’articles d’hygiène ou du soutien au transport. Il signifie choisir d’être présent aux côtés des personnes, d’écouter attentivement leurs histoires, de partager leurs difficultés et de réaffirmer leur dignité à un moment où beaucoup se sentent isolées, incomprises ou oubliées.
« Nous croyons que chaque personne doit être traitée comme un être humain », affirme Ntsoelikane. « Qu’une personne dispose ou non de documents officiels, ses droits humains fondamentaux doivent toujours être respectés et protégés. »
Elle souligne également que le JRS Afrique du Sud cherche à promouvoir une réponse équilibrée et constructive face à la situation actuelle : une réponse qui respecte l’État de droit tout en protégeant la dignité et les droits de toutes les personnes.
« La migration est une réalité complexe, mais notre humanité commune doit rester au centre de notre réponse. Le respect des procédures légales et le respect de la dignité humaine ne sont pas des principes incompatibles ; au contraire, ils doivent aller de pair. »
Cet engagement a conduit le JRS Afrique du Sud à travailler en étroite collaboration avec des églises, des organisations humanitaires, des organisations de la société civile et des réseaux dirigés par des personnes réfugiées, afin de garantir que les communautés les plus vulnérables reçoivent un soutien concret, tout en favorisant le dialogue, la compréhension mutuelle et la coexistence pacifique.
En temps d’incertitude, l’accompagnement devient plus qu’une réponse humanitaire : il devient un témoignage d’espérance. Il nous rappelle que la compassion a le pouvoir de vaincre la peur, que le dialogue est plus fort que la division et que chaque geste de solidarité contribue à raviver l’espoir de ceux qui ont été contraints de fuir.
