Serbie : Travailler pour l’intégration des enfants non accompagnés

14 October 2019|Laszlo Koval, volontaire chez JRS Serbie

Serbie :  Travailler pour l’intégration des enfants non accompagnés

Belgrade – La Maison d’Intégration “Pedro Arrupe” est un refuge conçu pour accueillir les enfants non accompagnés vulnérables qui ont été séparés de leur famille. L’objectif de la Maison est l’intégration dans une nouvelle société. Il fournit non seulement de la nourriture, un abri, des vêtements et des produits médicaux de base, mais donne à ses bénéficiaires les possibilités d’éducation et de divertissement. L’installation comprend un salon, une cuisine, un porche, une salle informatique, une salle de classe et une cour que les enfants peuvent utiliser librement. Avec huit employés et deux stagiaires, la Maison a abrité 70 garçons depuis sa création en 2017.

La Maison accueille les enfants les plus vulnérables : les victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles, les enfants à risque de devenir victimes de la traite des êtres humains, des différentes formes d’exploitation et de contrebande. Lorsqu’ils sont accueillis, les enfants reçoivent de nouveaux vêtements et chaussures et un nécessaire d’hygiène. Ils sont informés des règles de la Maison.

Non seulement une éducation, mais aussi des possibilités de s’amuser

La Maison veille à ce que les enfants aient la possibilité de poursuivre une éducation active en Serbie. Les bénéficiaires qui restent plus d’un mois sont inscrits dans le système scolaire local tandis que des activités éducatives et créatives informelles sont organisées pour renforcer leur éducation. Des pédagogues sont disponibles à la Maison pour aider avec les travaux scolaires et maintenir un lien fort avec l’école. Outre l’école, les pédagogues de la Maison travaillent également sur l’intégration culturelle. « Nous travaillons à briser la frontière entre deux cultures. Nous avons ici des stéréotypes parmi les Serbes et des problèmes de comportement chez les garçons sur lesquels nous travaillons », explique Nemanja Rajic, pédagogue à la Maison. Pour aider à briser ces frontières culturelles, des activités menées en collaboration avec les élèves locaux sont également organisées. Pendant les vacances d’été, des cours d’anglais et de serbe ainsi que d’autres ateliers allant des aptitudes de la vie quotidienne aux effets de la drogue et de l’alcoolisme sont organisés pour offrir plus de possibilités d’éducation.

La Maison de l’Intégration offre aux enfants non seulement la possibilité d’une bonne éducation, mais leur permet d’avoir du temps libre pour s’amuser et explorer leur environnement et leurs passions. « Je pense que nous faisons du bon travail pour aider les enfants non accompagnés à redevenir des enfants. Ne pas avoir à commencer à travailler, mais être en mesure d’aller à l’école et jouer au football », explique Violeta Markovic, Directrice Pays. Les garçons de la maison jouent souvent au football ou au tennis dans la cour ou vont jouer dans la cour de l’école voisine. Pendant les vacances d’été, les excursions d’une journée telles que les visites à la plage, l’orientation, les randonnées et les pique-niques en dehors de Belgrade et les excursions en kayak sont fréquentes.

Un environnement familial accueillant

La Maison s’efforce de rendre l’environnement accueillant et familial, auquel les enfants non accompagnés n’ont souvent pas accès, et le personnel est essentiel à l’intégration et au bien-être des enfants.

« Je pense que nous vivons une vie quotidienne classique ici à la Maison. Nous essayons de créer pour eux quelque chose comme une famille, quelque chose comme la maison. S’ils ont un problème et qu’ils ont besoin de parler, nous sommes là pour les écouter », explique Maya Markovic, qui fournit une assistance juridique à la Maison. Les garçons pensent de la même façon. « Les gens ici à JRS sont gentils… J’ai traversé quatre pays, mais j’ai l’impression que ça, c’est ma maison », dit S. A. (17 ans) un bénéficiaire qui a séjourné ici pendant une plus longue période.

La Maison se trouve dans un quartier calme en périphérie de Belgrade. « J’aime bien cet endroit parce qu’il n’y a pas beaucoup de monde », dit Z.E. (16 ans), un nouveau bénéficiaire, quelques heures après son arrivée d’endroits des plus chaotiques où de nombreux réfugiés à Belgrade doivent rester. « Je me suis souvenu des héros dans les films qui ouvraient leur fenêtre le matin sur un beau lever de soleil. J’aurais aimé avoir ça. C’est incroyable… maintenant c’est ce que je fais. » Ici, les garçons profitent d’un jardin, d’une cour d’école de quartier, d’une vue tranquille sur le Danube et d’une forêt à seulement cinq minutes à pied.

J'ai traversé quatre pays, mais j'ai l'impression que ça, c'est ma maison.
S. A.,17 ans

Des projets futurs pour la Maison

JRS prévoit d’améliorer ses services aux enfants non accompagnés et d’offrir plus d’occasions de les intégrer davantage dans la société. « Alors que nous enseignons aux enfants et que c’est notre travail, nous apprenons d’eux tous les jours », explique Nemanja Rajic, pédagogue à la Maison.

Travailler tous les jours pour rendre cet endroit un peu meilleur pour l’enfance de nos bénéficiaires, nous essayons de les aider à être ce qu’ils devraient être – des enfants. Nous espérons pouvoir, dans les années à venir, faire de même, rendre l’enfance plus heureuse à un plus grand nombre d’enfants dans notre pays. Ce que nous leur montrons aujourd’hui, conduira au genre de personne qu’ils deviendront à l’avenir. L’avenir meilleur pour nous tous est notre mission ici.