« Notre maison commune, notre climat commun, nos droits : voix des personnes déplacées »
07 juillet 2026
Le 24 juin, lors de la 62ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le Service jésuite des réfugiés (JRS), avec des organisations d’inspiration catholique telles que Caritas Internationalis et la Commission internationale catholique pour les migrations (ICMC), a organisé l’événement « Notre maison commune, notre climat commun, nos droits : voix des personnes déplacées ». Soutenu par la Mission permanente du Saint-Siège auprès des Nations Unies à Genève, le HCR et la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes (PDD), cet événement a mis en lumière la réalité croissante des déplacements liés au climat et l’urgence de renforcer la protection.
Organisé à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié et du 75e anniversaire de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, le débat a souligné l’importance de préserver la dignité et les droits humains des personnes contraintes de fuir leur foyer, y compris celles déplacées en raison de catastrophes climatiques.
Offrant la perspective de l’Église, Monseigneur Riyyan Chaves Mendoza, Chef de mission adjoint de la Mission permanente du Saint-Siège auprès des Nations Unies à Genève, a évoqué le coût humain du changement climatique : « Seule une culture du soin, enracinée dans la solidarité et la charité, peut répondre efficacement au changement climatique et garantir que personne ne disparaisse dans l’ombre, le silence et l’oubli. »
Représentant le JRS, Michel Anglade a partagé les expériences de communautés aux Philippines, où environ 20 cyclones frappent chaque année et gagnent en intensité en raison du changement climatique. Un extrait du documentaire « Sa Among Isla : In Our Island », comprenant des témoignages d’habitants touchés par le typhon dévastateur de 2021, a illustré les conséquences humaines des catastrophes et des déplacements liés au climat.
S’appuyant sur l’expérience de Caritas Brésil, Taynara de Souza Dettman Adami a décrit les déplacements liés au climat comme fréquents mais souvent invisibles, étroitement liés aux vulnérabilités sociales et économiques existantes : « Les familles ne se déplacent pas une seule fois, beaucoup sont contraintes de se déplacer à plusieurs reprises, à mesure que les catastrophes deviennent plus fréquentes et imprévisibles. »
Andrea Leycona, de la Mission permanente des Philippines auprès de l’Office des Nations Unies et vice-présidente de la Plateforme sur les déplacements liés aux catastrophes, a commenté le documentaire et l’exposition continue de son pays aux risques climatiques. Tout en reconnaissant les progrès réalisés grâce à des politiques et des plans nationaux, elle a souligné que leur mise en œuvre reste limitée par le manque de ressources et que les impacts du climat évoluent plus vite que la capacité des institutions à y répondre.
Dina Ionesco, du HCR, a réfléchi au rôle des cadres internationaux de protection face aux déplacements liés au climat. Elle a noté que le droit des réfugiés peut contribuer à la protection, en particulier lorsque le changement climatique interagit avec les conflits, la pauvreté et d’autres facteurs de déplacement.
Soulignant les outils disponibles, droit des réfugiés, mécanismes de protection complémentaires, cadres des droits humains et action humanitaire, elle a insisté sur l’importance de relier les réponses aux déplacements à l’action climatique et à la réduction des risques de catastrophe. Évoquant le 75e anniversaire de la Convention de Genève, elle l’a décrite comme une « boussole de protection » guidant les efforts pour préserver la dignité et les libertés fondamentales.

Lors de la séance de questions-réponses, un représentant de Caritas Bangladesh a lu une lettre de communautés affectées par le changement climatique dans le pays. La lettre appelait à un soutien international accru pour aider ces communautés à faire face aux risques climatiques :
« Nous ne savons pas en quoi nous sommes responsables de cette crise. Pourtant, nous appartenons à cette terre… Nous demandons au monde de comprendre notre souffrance, de reconnaître nos droits et d’agir pour la justice. »
Dans ses remarques de conclusion, Harriet Hirst, du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a mis en évidence l’écart entre les protections existantes en matière de droits humains et leur mise en œuvre. Elle a identifié trois priorités : prévenir les dommages prévisibles grâce à une action climatique renforcée et à des mesures de résilience ; garantir la protection et l’assistance, notamment en matière de sécurité alimentaire et de santé ; et assurer une participation significative des communautés concernées dans la prise de décision.
Les conclusions de l’ensemble des intervenants ont réaffirmé la nécessité urgente de politiques fondées sur les droits, d’élargir les mesures de protection, d’investir davantage dans les systèmes de protection sociale et de renforcer la coopération internationale.
« Nous devons placer la dignité humaine au cœur de notre action », a rappelé Michel Anglade, Représentant du JRS à Genève.