Événement : « L’avenir de la protection et de l’humanité partagée »

06 juillet 2026

Intervenants lors de l’événement « L’avenir de la protection et de l'humanité partagée ». De gauche à droite : Mahamat Daoud, défenseur des droits des réfugiés, le Frère Michael Schöpf SJ, Directeur International du JRS, Filippo Grandi, ancien Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, et le Dr Andreas Frick, Directeur général de Misereor (Vivian Richard/Service jésuite des réfugiés).
Intervenants lors de l’événement « L’avenir de la protection et de l'humanité partagée ». De gauche à droite : Mahamat Daoud, défenseur des droits des réfugiés, le Frère Michael Schöpf SJ, Directeur International du JRS, Filippo Grandi, ancien Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, et le Dr Andreas Frick, Directeur général de Misereor (Vivian Richard/Service jésuite des réfugiés).

Le 2 juillet, le Service jésuite des réfugiés (JRS) a réuni des partenaires de mission, des acteurs du plaidoyer et des acteurs humanitaires à la Curie jésuite à Rome pour « L’avenir de la protection et de l’humanité partagée : Aux côtés des personnes réfugiées, malgré l’adversité », une discussion de haut niveau consacrée aux défis croissants auxquels est confrontée la protection des réfugiés dans le monde.

Une conversation sur la protection des réfugiés

À une époque marquée par une fragmentation mondiale croissante et une indifférence grandissante à l’égard des personnes contraintes de fuir, le système international conçu pour les protéger est de plus en plus menacé.

Dans ce contexte, le Père Arturo Sosa SJ, supérieur général de la Compagnie de Jésus, a ouvert la discussion en soulignant la nécessité de répondre à ces défis par une conversion profonde des cœurs et des esprits, en dépassant les divisions et en promouvant une culture de fraternité. Dans son intervention, il a rappelé que « la Compagnie de Jésus poursuit sa mission de réconciliation à travers le JRS, en accompagnant les personnes déplacées de force afin de construire un avenir qui protège la dignité et s’enracine dans notre humanité partagée ».

La discussion a été introduite par les premiers intervenants, Karen Pérez, Directrice Nationale du JRS au Mexique, et Mahamat Daoud, défenseur des droits des réfugiés, dont les témoignages ont placé l’expérience vécue au cœur des échanges. Leurs contributions ont apporté un éclairage puissant sur ce que signifie réellement la protection pour les réfugiés et ont mis en évidence le coût humain très concret de la diminution du soutien apporté aux communautés déplacées.

Évoquant son propre parcours après avoir fui le conflit au Soudan, Mahamat Daoud a réfléchi à la lutte continue pour défendre les droits des réfugiés : « Pour ceux d’entre nous qui ont réussi à arriver en Europe ou en Italie… on a dit : “Plus jamais ça.” » Il a ajouté : « Ils continuent de parler pour porter la voix de celles et ceux qui n’en ont pas, bloqués en Libye et au-delà de la Méditerranée. »

Une table ronde animée par le Directeur International du JRS, le Frère Michael Schöpf SJ, a ensuite réuni Filippo Grandi, ancien Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, le Dr Andreas Frick, Directeur général de Misereor, et Andre Atsu, Directeur Régional du JRS pour l’Afrique de l’Est et Méridionale.

L’intervention de Filippo Grandi a particulièrement résonné auprès des participants. Réfléchissant au sens de la protection, il a déclaré que « sauver des vies consiste à offrir des opportunités, garantir l’inclusion, aider les personnes à trouver une motivation, promouvoir la cohésion sociale par la réconciliation, défendre les droits et s’attaquer aux causes du déplacement liées au climat. Tout cela, et bien plus encore, constitue ce que j’appelle la protection ».

Le Dr Andreas Frick a souligné l’importance du 75e anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, avertissant que le cadre international de protection est confronté à des défis croissants. Comme il l’a affirmé, « la Convention de 1951 est remise en question comme rarement auparavant. Et pourtant, elle demeure un document précieux, qui défend la dignité et l’humanité même sous une pression politique intense. Dans le contexte actuel, il est difficile d’imaginer parvenir à un instrument comparable, encore moins plus solide. C’est précisément pourquoi nous devons la défendre, avec fermeté, clarté et sans compromis ».

En conclusion, Andre Atsu a évoqué l’expérience du JRS dans l’accompagnement des communautés déplacées en Afrique de l’Est et Méridionale, malgré les défis liés à la réduction des financements et leurs impacts sur les programmes de soutien aux réfugiés.

Lancement officiel du Rapport annuel 2025 du JRS

L’événement a également permis de présenter le Rapport annuel 2025 du JRS et de revenir sur l’impact de notre action au cours de l’année écoulée. Nous avons accompagné 1 086 269 personnes à travers nos projets dans le monde, notamment des femmes, des hommes, des enfants et des familles contraints de fuir leur foyer. Alors que les besoins continuent d’augmenter, l’engagement constant de la communauté du JRS nous a permis de poursuivre notre mission malgré des défis sans précédent.

Consultez notre Rapport annuel 2025 pour en savoir plus.