Prier avec les réfugiés: Dimanche des Rameaux à Beyrouth
01 avril 2013

Des enfants de chœur allument des chandelles dans l'église jésuite Saint-Joseph de Beyrouth où de nombreux travailleurs migrants ont célébré la messe du dimanche des rameaux en mettant leur espoir en Jésus, le Messie, qui maintenant aussi tourne son cœur vers les pauvres. (Peter Balleis/JRS)
Alors que nous célébrons le triomphe de Jésus à la fête de Pâques et, tandis qu'un nouveau pape nous tend la main, à nous et aux pauvres, l'espoir est renouvelé pour ceux qui s'efforcent d'aider les personnes qui vivent aux marges de la société.
Beyrouth, Dimanche des Rameaux, 1 avril 2013 – Cela a dû être une journée printanière comme celle-ci, lumineuse et ensoleillée quand, il y a longtemps, Jésus est entré à Jérusalem, ce jour que nous chrétiens appelons maintenant le Dimanche des Rameaux. La semaine dernière, au Liban, pendant la procession autour de l'église Saint-Joseph à Beyrouth, des fidèles – la plupart travailleurs domestiques venus des Philippines, du Sud Soudan et du Sri Lanka – agitaient leurs branches d'olivier.

Une femme a chanté la passion du Seigneur comme prédit au Psaume 22 - «Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?» en le clamant du plus profond de son cœur. La cérémonie leur a permis de célébrer leur foi en Jésus, une foi qui leur donne consolation et force.

Les dures conditions de vie de nombreux travailleurs domestiques en conduisent beaucoup au désespoir. En moyenne, chaque semaine, une femme de la communauté se suicide. Malgré les difficultés qu'elles doivent affronter à leur lieu de travail et la solitude qu'elles ressentent parce que séparées de leurs familles, un grand nombre de ces femmes trouvent de la consolation et de la force dans la souffrance et la passion du Christ.

Réflexions pour la prière
Des migrants qui célèbrent le Dimanche des Rameaux à Beyrouth – comme dans d'autres grandes villes du monde – sont aujourd'hui les mêmes personnes que Jésus a vus le long de sa route quand il est entré à Jérusalem. Exactement comme les pauvres du temps de Jésus se sont tournés vers lui pour quelque petite lueur d'espoir, les migrants que j'ai rencontrés à Beyrouth plaçaient une grande partie de leur espoir en Jésus, le Messie, qui maintenant encore tourne son cœur du côté des pauvres.

Au cours de ces dernières semaines, à travers le monde entier, l'Eglise a une fois encore fait l'expérience d'un véritable espoir par l'élection d'un nouveau pape qui représente la communauté mondiale des croyants et en appelle à l'Eglise pour qu'elle soit pauvre avec les pauvres. Le pape François réalise clairement que le visage de l'Eglise peut être mieux vu dans les vies de ses pauvres migrants.

L'Eglise des migrants, ce sont les gens groupés le long de la route d'aujourd'hui. Un très grand nombre de ces personnes sont des femmes avec des visages modestes, qui n'ont confiance qu'en Dieu, comme l'a fait Jésus il y a longtemps quand il marchait vers sa mort et est ressuscité à Jérusalem. Les migrants de Beyrouth ont célébré le Dimanche des Rameaux en mettant leur espoir dans l'homme, Jésus. Pendant la semaine sainte, nous célébrons la passion du Christ dont le souci pour les pauvres n'était pas compris par les puissants de Rome et de Jérusalem.

Ils croyaient  pouvoir Le détruire et, avec Lui, les espoirs des personnes qui L'acclamaient le long de la route. Alors que nous célébrons le triomphe de Jésus à la fête de Pâques et, tandis qu'un nouveau pape nous tend la main, à nous et aux pauvres, l'espoir est renouvelé pour ceux qui s'efforcent d'aider les personnes qui vivent aux marges de la société.

Peter Balleis SJ, Directeur International du JRS


Lecture suggérée pour la prière
Luc 19: 28-40
Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: «Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté; détachez-le et amenez-le. Et si quelqu'un vous demande: «Pourquoi le détachez-vous?» Vous direz ceci: «C'est que le Seigneur en a besoin.» Etant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. Et tandis qu'ils détachaient  l'ânon, ses maîtres leur dirent: «Pourquoi détachez-vous cet ânon? Ils dirent: «C'est que le Seigneur en a besoin.»

Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. Ils disaient:

«Béni soit celui qui vient,
le Roi, au nom du Seigneur !
Paix dans le ciel
et gloire au plus haut des cieux !»

Quelques Pharisiens de la foule lui dirent: «Maître, réprimandez les disciples.» Mais il répondit: «Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront.»